Sunday, June 2, 2013

Darling Georges, what else ?




J’étais en train courir en transpirant sur un tapis au club de gym du DCJCC quand j’ai vu le beau Georges apparaître sur l’écran de TV qui m’accompagne toujours dans mes efforts.  Il répondait avec modestie, comme s’il était un être normal, aux questions posées par un journaliste chauve et barbu, bref pas beau, devant un parterre d’étudiants-acteurs. Quand le journaliste lui a  déclaré qu’on le comparait  à Cary Grant, il a dit que c’était à cause de la coupe de cheveux. Il était un acteur très “cheveux”. Quel marrant ce Georges.
Cela passionne tout le monde qu’il se soit acheté un Palais au bord d’un Lac italien. C’était “par hasard”. Il passait par là, il a entendu des ouvriers qui chantaient avec leurs belles voix d’italiens (O sole mio ?) en travaillant sur le chantier de rénovation et il s’est dit “quel beau pays”. Et hop il l’a acheté. En plus, l’agence immobilière, qui savait qu’il avait peu de moyens, lui a fait un prix. Mais il se plaint d’être espionné par Google Earth. Le satellite filme tous les barbecues qu’il organise dans son jardin. Moi je le comprends. C’est d’autant plus contrariant dit-il avec son sourire craquant qu’il n’a pour visiteurs que des hôtes de marques:  “Secrétaire Général” (il invite Kofi?), journalistes vedettes et stars d’Hollywood. Leur sert-il un Nespresso (surtout à Kofie)? Oh que j’aimerais qu’il m’invite! D’autant plus qu’un de mes neveux chéris est son voisin, à Ispra, ce serait facile.
En fait j’ai failli rencontrer Georges à Juba en janvier 2011. Il était venu avec Kofie et plein d’autres sommités à l’occasion du Referendum de partition du Sud Soudan. Tous étaient venus assister à la naissance d’un nouvel état; Et tous, caméras et médias du monde entier, observateurs internationaux, experts électoraux, tous n’avaient l’oeil que sur lui.
Mais que faisait-il là?
Georges, inspiré par l’espionnage de son palazzo, a eu l’idée d’offrir un satellite pour filmer le Darfour, en permanence. Les images ainsi récoltées permettent de témoigner de tout ce qui s’y passe. Pendant l’interview, il a mentionné que  ces images avaient pu documenter les exactions commises par l’armée de Khartoum. Ce qui avait permis à la Cour Pénale Internationale de constituer des preuves pour inculper  des responsables soudanais.  Clooney a ajouté que l’armée américaine ne pouvait rien faire sur ce terrain-là mais a omis de dire que son pays n’avait pas ratifié le Statut de la Cour Pénale Internationale.

J’ai été obligée malheureusement d’interrompre. J’imagine  que la suite de la conversation portait sur le cinéma. Mais je n’en pouvais plus. L’émotion de voir Georges et la course sur tapis, les deux conjugués c’était trop pour mon petit coeur trop coeur  palpitant.
What else ?
Je suis allée pédaler devant les tornades en Oklahoma.

ETRE IRLANDAIS EN AMERIQUE




Quand on a cherché une maison,  les agents immobiliers, alertés par l’accent  de Liam, lui demandaient toujours d’où il venait. Quand il répondait, je suis né à Dublin côté nord, ma mère vient de Cork et mon père du Kerry, ils avaient toujours eux aussi de la famille dans ces coins-là. Souvent même ils connaissaient leurs voisins, cousins, grans parents, oncles.  Pendant que moi je visitais les appartements, eux, ils restaient sur le pas de la porte à discuter de leurs parentés. Quelles bêtes de relations publiques ces Irlandais !
Les Irlandais d’Irlande se sentent Américains, les Américains ont tous une origine irlandaise, une vraie histoire de famille.  Les Irlandais ont tous de la famille aux Etats Unis, surtout sur la Côte Est.  Les vols Air Lingus Dublin-New York et Dublin-Boston, fournissent un pont aérien entre les deux pays. En sortant des gares de Boston et de Washington (je n’ai pas vérifié encore Grand Central à New-york), que trouve-t-on ? Un magnifique pub irlandais of course. Tout nouvel arrivé du peut illico se jetter une pinte et retrouver le goût du vert pays.
C’est presque génétique.  Depuis longtemps les Irlandais émigrent, ou rêvent d’émigrer ou que leurs enfants émigrent en Amérique. Evidemment pour des raisons économiques. Les parents Ethiopiens, Soudanais ou Philippins font les mêmes rêves.
Vous imaginez le Président de la France aller à Washington fêter le 14 juillet avec Obama ? Et bien c’est ce que fait le Premier Ministre Irlandais. La fête nationale, la Saint Patrick le 17 mars, est plus fêtée aux Etats Unis qu’en Irlande. Parades,  cup cakes verts, soda bread, chou, le marketing se déchaîne en vert, toutes délicieuses spécialistes irlandaises, y compris le Premier Ministre, on a tout eu à Washington. Il était plutôt sympa et simple le Premier, la Guinness coulait à flot  lors d’une énorme réception au Grand Hotel. Dans son discours il a promis qu’il faisait tout pour que plus d’Irlandais puissent émigrer aux Etats Unis. Comme François, notre nouveau Président, l’avait fait l’année dernière, il a rencontré Obama. Mais pas comme François, il  lui a surtout demandé de régulariser les sans-papiers irlandais. La loi  sur l’immigration en discussion au Congrès américain suscite beaucoup d’espoirs pour ceux-là. Moi je trouverais bizarre que notre Président vienne plaider le 14 juillet auprès d’Obama pour que plus de français puissent quitter la France. Les copains irlandais, eux, ils trouvent cela normal. Normal qu’il y ait infiniment plus d’Irlandais en dehors que sur le sol national. La nouvelle génération incarnée par la fille de mon mari en particulier, elle, accepte mal de devoir émigrer faute de travail chez elle. Les enfants sont donc en colère contre la classe politique irlandaise qui a ruiné le pays, les obligeant à émigrer.  
Tandis que les Américains d’origine irlandaise sont restés conservateurs, les Irlandais arrivés récemment n’auraient pas l’idée d’aller à la messe, et ne sont pas opposés à l’avortement.
Vous avez compris, ce ne sont pas les plus progressistes qui restent en Irlande. Dommage.
Les Irlandais d’Amérique restent en tout cas très attachés à leur pays et à leur famille de là-bas. Mais ils souffrent du fossé culturel qui se creuse avec leurs mères. Elles se réjouissent mais leur en veulent en même temps. J’imagine que mon père, monté à Paris dans les années quarante, a dû vivre la même expérience avec sa famille restée au village. « Pour qui se prend-il celui-là ? ». Moi je jure que n’ai pas changé, je suis restée la même !

Donc les Irlandais de Washington suivent de très près les performance de l’équipe de foot nationale. Ils regardent les matchs dans les pubs quand le décallage horaire le permet, mais on se lèvera à 5 heures du mat pour un match qui vaut le coup.
La diaspora irlandaise se fréquente beaucoup à DC. Les lads (potes) se retrouvent régulièrement dans la cuisine des uns et des autres, pour jouer de la musique et chanter, avec un  enthousiasme  imputrescible, les classiques du répertoire irlandais.  Mon répertoire à moi va de l’« Oranger sur le sol irlandais, on ne le verra jamais » (Bourvil, difficile à chanter) au non moins imputrescible « la Vie en Rose », dont on ne se lassera jamais, repris en en chœur par les voix irlandaises. Un tabac. Nous les français(es) on peut emballer autant d’Irlandais qu’on veut avec des trucs simples comme ça.

Si vous allez en Irlande, révisez le répertoire Edith Piaf.

de très chers diplômes


Quand j’ai obtenu ma maîtrise de droit à la Sorbonne,  j’ai reçu un bout de papier par la poste, un genre d’attestation, point. La Sorbonne ne m’a jamais demandé d’argent, juste un peu pour les polycopiés des cours et  la sécurité sociale. Merci au contribuable français de m’avoir payé mes études. Je ne pouvais pas demander qu’il m’offre le Champagne en plus.
J’étais à la remise des diplômes  de Maîtrise de John Hopkins, prestigieuse école de relations internationales sise à DC. Des frais scolaires pharamineux que je ne vous raconte pas. Les pauvres étudiants sont endettés pour la vie. D’ailleurs la question maintenant est de savoirs’ils vont tous rembourser.
Si, normalement, le diplôme fournit un passeport pour du boulot haut de gamme, de nos jours, on n’est plus sûrs de rien. En tout cas la cérémonie, comme dirait mon fils, ça pétait haut.
Les élèves  étaient tous enveloppés dans des toges  noires bordées de satin bleu roi et  béret carré à pompon, le « mortarboard ». Cela ne veut pas dire « moteur de hors-bord » et pourtant de nos jours ce diplôme devrait les propulser comme une flèche sur l’océan de la vie. Non, ce couvre-chef  symbolise la palette de mortier utilisée par les maçons.
Un orchestre a joué l’hymne américain en introduction à la cérémonie et plus tard du Beethoven (la musique du film de Stanley Kubrick, Orange Mécanique). Décidément Beethoven est apprécié des institutions
Dans son discours, le Président de l’école a  rappellé que les 400 élèves de la promotion 2013, représentant 57 nationalités,  feraient bientôt partie de la future élite mondiale. Parents et amis, contemplaient ce jour-là, avec fierté et émotion (et beaucoup d’attentes j’imagine) cette assemblée de futurs ministres, ambassadeurs et présidents de multinationales.
Ils étaient plutôt fatigués les futurs leaders, sans doute  sous l’effet conjugué des examens de fin d’année et des fêtes qui les avaient suivis.
Sur l’estrade, le corps universitaire était vétu de toges  rouges, or, roses, avec des chapeaux bizarres.  On se serait cru à la Cour du Roy Louis XI mais sans troubadours ni Fou. Quoique…
L’invitée de marque, Christiane Amanpour, est une star  de CNN, la chaîne d’information créé par Ted Turner. Elle a démarré son long discours  par un plaidoyer « pour combattre le non ». Il ne fallait jamais baisser les bras, comme elle, petite iranienne venue étudier aux Etats Unis,  à l’époque où son pays n’était pas en odeur de sainteté et cela ne s’est pas arrangé depuis. Elle avait su gravir tous les échelons de la célébrité, tout en restant simple. La preuve c’est que : « quand j’arrive à l’aéroport, j’accepte que des gens puissent ne pas me reconnaître ». C’est fou non, une telle humilité ? Ensuite les 57 nationalités fatiguées ont subi un discours sur la nécessaire hégémonie américaine dans le monde. « L’Amérique est indispensable, là où elle n’est pas, les choses vont beaucoup plus mal. Dieu est avec nous, il nous encourage à lutter pour la liberté, la vérité, la démocracie etc…».
La capacité d’intégration de cette dame d’origine iranienne aux Valeurs Américaines conservatrices est phénoménale.
Je me demandais ce qu’en pensaient ces frais diplomés qui avaient étudié depuis deux ans les relations internationales américaines. Leurs dissertations étaient-elles arrivées aux mêmes conclusions ?

Après les diplômes, la fête. Le thème cette année des futurs leaders du monde c’était la soirée Jort, short en jean coupé le plus court possible, pour filles et garçons.

Heureusement que je n’étais pas invitée.





Photos du Printemps









elle sort du dry blow,  le brushing, alternative à l'onglerie après le boulot


 

l'équipe de foot gay à Dupont après le match du dimanche

brunch à Madison
la serveuse étourdissante du Standard hotel,


Dupont Circle





Les toutous des Présidents


LES CRABES BLEUS, UN DELICE
 






EXERCICE D'EVACUATION, TOUS DANS LA RUE


Sunday, May 26, 2013

Mes beaux ongles d’Amérique




Que font les américaines de Dupont ou de Manhattan quand elles sortent de leur bureau ? Je répondrais volontiers qu’elle vont  promener le chien et qu’après elles vont à la gym avec leur mat (tapis) et leur queue de cheval.
Bonne réponse, mais après ?
Elle vont au supermarché et ensuite préparent le diner ? Elles font tourner la machine à laver ?
Faux.
Cuisiner cela ne rime à rien. La livraison à domicile ce n’est pas que pour les chiens. On commande sur le smartphone, en sortant  du bureau, des plats du monde entier : tacos, tandoori, sushis, des petites choses exotiques.
Ceci explique pourquoi les cuisines restent pimpantes à jamais, les produits d’entretien déjà mentionnés n’y sont pour rien de rien.
Quand à la machine à laver, le séchage, repassage, on ne sait même pas ce que c’est. Le cleaner chinois du coin de la rue se charge de te restituer robes  et lingerie lavées et repassées.
Mais que font-elles donc de leurs soirées ?


Elles se font faire les ongles pardi ! Pieds et mains et massage du mollet, oh quel bonheur, en sus. Les ongles des mains américaines sont des œuvres d’art. Les afro-américaines en particulier portent d’immenses faux-ongles  décorés de motifs colorés, fleurs, papillons, arc-en-ciels, qui me fascinent.  Chauffeurs de bus  et policières boudinées dans leurs uniformes, postières et assistantes médicales rivalisent d’ongles dignes des impératrices de Chine. Pour conserver intacts de tels ongles, tu dois empoigner le monde avec des pincettes. Ce qui explique peut être une certaine distance dans les relations  avec les clients.
Dupont et ailleurs sont jalonnés d’ongleries, comme Miami l’est de tatoueurs,  où officient des esclaves venues de toute l’Asie. Elles passent leurs journées et soirées assises aux pieds des américaines, dans la vapeur des solvants, à tailler, limer, laquer, polir.
Le rituel est immuable, tu choisis ta couleur de laque, la patronne-garde chiourne te désigne une ongleuse, tu te répands dans un grand fauteuil mou en skaï beige. L’importateur chinois de fauteuils doit avoir le monopole des fauteuils d’onglerie. Là tu as l’option « massage du fauteuil ». En général tu t’abstiens et tu choisis ton option « mon smartphone » et tu te mets instantanément à pianoter sur ta machine. Une interruption du pianotage est cependant nécessaire quand  les ongles de ta main y passent à leur tour. Avant la laque, tu paies, pour que  ta visa ne griffe pas ta jolie main manucurée.
Si tu choisis l’option « massage des pieds, dix minutes, dix dollars », la dame met en route une minuterie de cuisine. Qui sonne atrocement  quand, les yeux fermés, tu baves de plaisir tandis que des doigts habiles s’enfoncent délicieusement dans ta chair.  Là, une voix asiatique te claironne: « 10 more minutes, 10 more dollars».
En sortant, une seule option, un dernier verre au bar de Kramers que tu saisiras délicatement entre le pouce et l’index, les autres doigts en l’air et les orteils bien rebiqués dans tes tongs.

La paille est une autre option à considérer.

En mai, je procrastine




J’ai découvert que j’ai une vraie tendance à la procrastination. Surtout quand il fait beau.
Les français qui vivent en France ne savent pas ce que c’est. Pourtant je suis sûre que tout le monde procrastine plus ou moins partout dans le monde. Cela vous arrive certainement d’avoir un truc à faire et que vous considérez comme votre absolue priorité. Même que vous y pensez tout le temps. Est-ce que je sais moi pourquoi je ne le fais pas ce truc, pour quelle raison je ne m’y mets pas ?
Tous on reporte. Votre inconscient, qui est vraiment un inconscient inconséquent, vous trouve toujours de bonnes raisons d’éviter de passer à l’acte. C’est ça procrastiner : reporter à demain ou aux calendes grecques ce que je pourrais faire aujourd’hui.
Par exemple, répondre à des petites annonces quand tu le fais depuis six mois et que pas une seule fois on ne t’a répondu. Rappeller ce type haut placé si débordé pour qu’il m’aide à trouver du boulot, raccomoder ce bouton qui manque sur ce pull que je ne mets pas depuis des années justement à cause de ça, arrêter de manger la nourriture que j’aime car elle fait grossir,  ne plus boire du vin, cesser de m’exposer au soleil et rester blanche  comme un navet car c’est mieux pour la peau. Aller à la gym, et courir, courir, courir comme une dératée avec une queue de cheval. M’occuper de protéger l’environnement, des pauvres, des femmes battues, donner de l’argent aux musées, aux écoliers.
Les américains, ils se battent contre leur proscrastination, leur ennemi de l’intérieur. Pour ça ils écrivent des manuels, des guides pour t’expliquer comment changer tes habitudes, être positif, être un leader, aller au devant des autres qui sont pas pareils que toi, commencer à faire ce qui compte pour toi, mieux t’organiser, faire de meilleurs choix, convaincre en 15 secondes.
Cela fait aussi partie intégrante du cursus scolaire. Les étudiants de milieux favorisés « nourrissent leur CV » dés la maternelle, en vue de postuler aux bonnes universités qui te garantiront des bons jobs.  Au lycée, en plus du boulot d'étudiant « normal », d’être champion en saut en hauteur ou autre discipline sportive, tu passes tes samedis matins dans des homes à aider des personnes agées, tu donnes du soutien scolaire à des petits latino américains défavorisés, tu fais des voyages scolaires pour construire des abris dans des pays pauvres (une semaine l’été). Entrainement pour la vie, toujours occupés, sans râler.

Au moins j’ai arrêté de fumer.
C’est déjà ça